Les dangers de la cuisine

Restez à proximité de l’enfant lorsqu’il se trouve à la cuisine.

 

Lieu convivial par excellence, la cuisine n’en reste pas moins un lieu à risques pour les enfants.
Plaques de cuisson, four, produits ménagers, sacs plastiques…. toutes sortes de danger qu’il faut éviter de laisser à la portée de l’enfant ou qui nécessitent un apprentissage pour une proximité sécurisée.

 

Voici quelques principes de sécurité à connaitre :
  • Tournez les manches des casseroles et des poêles vers l’intérieur de la cuisinière
  • Débranchez et rangez vos appareils électroménagers (mixer, couteau électrique…) immédiatement après utilisation
  • Expliquez-lui que la porte du four peut être brûlante
  • Rangez hors de portée des enfants les produits d’entretien, les alcools, objets tranchants, allumettes et bougies.
  • Ne transvasez pas de produits d’entretiens ou toxiques dans des bouteilles ou récipients à usage alimentaire

 

Pour en savoir plus:

Les jouets

Surveillez régulièrement les enfants pendant qu’ils jouent

 

Très appréciés par les enfants à tout âge, les jouets seront choisis et utilisés en étant attentif à certains critères:

  • Ils doivent porter la norme de sécurité CE
  • Ils seront adaptés à l’âge de l’enfant.
  • Les jouets des aînés sont hors de protée des plus petits
  • Si le jouet possède des cordons et des lanières, vérifiez qu’il n’y a pas de risque d’étranglement
  • Si le jouet est en bois, vérifiez qu’il n’y a pas d’échardes qui dépassent.
  • Les jouets en matière souple sont potentiellement inflammables et seront tenus à l’écart de toute source de chaleur
  • S’il s’agit d’un jouet avec des piles, vérifiez qu’elles sont bien insérées et non accessibles pour l’enfant
  • Les modes d’emploi doivent être lus et respectés
  • L’utilisation du jouet sera expliquée à l’enfant dans la mesure du possible

 

Pour en savoir plus:

  • Jouets et sécurité. Fiche de prévention de la Commission de la Sécurité des Consommateurs, octobre 2015. Disponible sur www.securiteconso.org
  • Jouets. Guide de sécurité des produits pour enfants de l’Alliance européenne pour la sécurité de l’enfant, 2013

Les sucettes (ou lolettes) et les hochets

Choisissez des sucettes avec des cordons courts (max. 22 centimètres) qui se fixent sur les vêtements et des hochets ne présentant pas de petites pièces qui pourraient se détacher. Dans tous les cas, vérifiez régulièrement l’état de ces objets.

 

Les sucettes et les hochets font partie des objets du quotidien des enfants.

Les sucettes sont souvent utilisées pour calmer les pleurs d’un enfant ou l’aider à s’endormir. Les hochets sont tout particulièrement appréciés par les tout-petits comme premier jouet d’éveil. Il est important d’être attentif à l’achat et lors de l’utilisation de ces objets car ils peuvent être à l’origine d’accidents graves tels que:

  • Des étouffements à cause de petites parties qui se détachent facilement et qui peuvent être avalées par l’enfant
  • Des strangulations par les cordons ou rubans utilisés pour les maintenir à proximité de l’enfant.

 

Pour en savoir plus:

 

Les chaises hautes

Gardez toujours l’enfant sous surveillance quand il se trouve dans une chaise haute.

 

Les chaises hautes sont à l’origine de différents types d’accidents chez les enfants.

Le risque principal lié à l’utilisation d’une chaise haute est le risque de chute, soit de l’enfant qui sort de la chaise, soit de la chaise qui bascule avec l’enfant assis dedans. Mais l’enfant est également exposé à des risques de blessures par pincement des doigts dans les parties mobiles de la chaise ainsi qu’à des risques de strangulations par les sangles de la chaise si elles ne sont pas réglées à la taille de l’enfant.

 

Pour en savoir plus:

  • Chaises hautes. Fiche de prévention de la Commission de la Sécurité des Consommateurs, novembre 2014. Disponible sur www.securiteconso.org
  • Chaises hautes. Guide de sécurité des produits pour enfants de l’Alliance européenne pour la sécurité de l’enfant, 2013

Bien choisir un lit pour un enfant en bas âge

Le choix d’un lit pour un enfant en bas âge (lit à barreaux) doit répondre à certains critères pour garantir la sécurité de l’enfant.

 

Voici les critères les plus importants:

  • Le lit doit être conforme à la norme EN 716
  • L’espace entre les barreaux du lit ainsi qu’entre les lattes du sommier ne doit pas dépasser 6 centimètres.
  • L’espace entre le matelas et et les parois latérales du lit ne doit pas être supérieur à la largeur de 2 doigts.
  • La profondeur du lit doit être réglable pour s’adapter au développement de l’enfant, mais au minimum de 20 centimètres entre la surface du matelas et le sommet des barreaux en position haute et au minimum de 50 centimètres en position basse.

 

Pour en savoir plus:

Corps étrangers dans les voies respiratoires

Méta-analyse italienne dont le but est d’évaluer les risques d’asphyxie en rapport avec la forme, la taille et la consistance de corps étrangers inhalés chez les enfants. L’étude est intéressante par son importance, puisqu’elle fait une analyse exhaustive de la littérature sur 30 ans (1978-2008). Sur plus de 1600 articles revus, 1063 ont été jugés pertinents incluant un total de 30’477 enfants.
L’âge critique d’inhalation est compris entre 0 et 3 ans (67%). Les corps étrangers organiques les plus souvent impliqués sont les noix (noisettes, arachides) (39%), des graines (25%), tandis que parmi les inorganiques, les petits aimants sont les plus fréquents (deux fois plus que les petites éponges qui viennent ensuite). Beaucoup d’objets inhalés n’auraient jamais dû être accessibles à des petits enfants: punaises, clous, vis, épingles.
Les accidents surviennent sans surprise quand l’enfant mange ou joue.
La localisation trachéale, la plus dangereuse, représente 15% des cas. Il y a 62% d’inhalation à droite vs 38% à gauche lorsqu’elle est bronchique.
Les symptômes classiques sont ceux d’une obstruction sévère et aiguë des voies respiratoires avec toux, dyspnée, bruits respiratoires diminués ou absents et vont jusqu’à l’asphyxie complète.
Des symptômes non spécifiques, voire une absence totale de symptôme, sont des constatations fréquentes ce qui rend les inhalations très dangereuses et mène à de faux diagnostics ou à un retard de prise en charge adéquate. Sur l’ensemble de l’étude, les radiographies étaient normales dans 47% des cas et seules les endoscopies ont permis de faire le diagnostic et de traiter. Dans 40% des cas le diagnostic a été fait plus de 24 heures après l’inhalation. Ceci explique que 15 % (!!) des enfants présentent des complications aiguës ou chroniques. Parmi les plus graves, on mentionne 6% de décès, 2.4% d’arrêts respiratoires et 2% d’arrêts cardiaques.
Enfin sur ce grand nombre d’articles traitant du sujet, seuls 5 font référence à la présence ou non d’adultes au moment de l’accident, traduisant pour les auteurs le peu d’intérêt porté à la prévention dans ce domaine.
Bien que les études soient difficilement comparables entre elles et d’une grande hétérogénéité, les auteurs insistent sur l’importante morbidité liée aux inhalations de corps étrangers. Ils plaident pour une prise de conscience et pour l’introduction d’une meilleure prévention.

Commentaire O. Reinberg :
Cette étude est proche de celle rapportée dans qui venait de Hong-Kong en 2009. Pour mémoire les auteurs mentionnaient l’importante différence de complications qui résultait du délai de prise en charge selon qu’elle était précoce (moins de 7 jours) ou tardive, le fait que beaucoup de ces d’enfants peuvent être asymptomatiques et que le diagnostic radiologique est insuffisant. Il est une preuve positive, mais ne permet pas d’exclure une inhalation de corps étranger. Une seule attitude possible: en cas de doute une endoscopie en urgence s’impose, même si les radiographies sont normales.
Du point de vue prévention, l’information sur le risque lié aux graines et aux cacahuètes en particulier doit être rappelée sans relâche aux parents : les parents ne devraient pas en donner aux petits enfants. Participant depuis des années à des missions en Afrique, je suis toujours surpris de ce que toutes les mamans africaines savent que “l’arachide tue”, tandis que dans le monde industrialisé on reçoit ses amis avec des pistaches et des cacahuètes à l’apéritif en présence de petits enfants. A ce sujet, relire dans Pipades  le niveau de connaissance des parents concernant les risques d’inhalation et le rôle essentiel que les pédiatres ont à jouer dans cette prévention.

Référence :
Foreign bodies in the airways: A meta-analysis of published papers.
Foltran F, Ballali S, Passali FM, Kern E, Morra B, Passali GC, Paola Berchialla P, Lauriello M, Gregori D.
Int J Pediatr Otorhinolaryngol 2012; 76-Suppl 1: S12–S19.
Affiliation : Italie, multicentrique