En hiver, il fait vite nuit ! Rendez vos enfants visibles dans la rue.

Équipez votre enfant d’éléments réfléchissants

De par leur petite taille, les enfants sont déjà peu visibles dans la rue pour les automobilistes.

Avec le passage à l’heure d’hiver et les journées qui raccourcissent, la pénombre s’installe rapidement. La visibilité est réduite pour les conducteurs, les risques d’accidents sont plus élevés pour les piétons.

Il est donc essentiel de rendre les enfants bien visibles lors de vos déplacements dans la rue.

Voici quelques précautions à prendre:

  • Privilégiez des habits clairs pour votre enfant
  • Équipez les vêtements de votre enfant de bandes ou de stickers réfléchissants, en particulier sur les bras, les poignets ou les chevilles

 

Source:

L’enfant piéton

Ne laissez pas votre enfant seul dans la rue tant qu’il ne sait pas évaluer les dangers de la rue et y réagir correctement

Un jeune enfant est particulièrement vulnérable dans la rue du fait de sa petite taille qui le rend peu visible, et de ses capacités cognitives qui ne lui permettent pas encore d’apprécier correctement les dangers potentiels auxquels il est exposé:

  • Jusqu’à 5 – 6 ans, un enfant ne perçoit le danger qu’au dernier moment
  • Avant l’âge de 6 – 7 ans, il ne sait pas évaluer les vitesses et les distances
  • Jusqu’à 8 ans, il ne sait pas identifier d’où vient un bruit et ne comprend pas qu’un véhicule ne peut pas s’arrêter d’un coup
  • Son champ visuel est inférieur de 35% à celui d’un adulte, il ne voit bien que ce qui se trouve en face de lui
  • Ses capacités à gérer correctement la circulation routière seront acquises vers l’âge de 10 – 11 ans

 

Il est donc primordial d’apprendre le plus tôt possible à l’enfant à bien se comporter dans la rue:

  • En tout premier lieu, montrez-lui le bon exemple
  • Apprenez à l’enfant à marcher sur le côté intérieur du trottoir
  • Expliquez-lui qu’il faut toujours s’arrêter au bord du trottoir avant de traverser
  • Montrez-lui que l’on traverse sur un passage piéton. Lorsqu’il y a un feu, on attend qu’il soit vert
  • Apprenez-lui que la rue n’est pas un terrain de jeu: on ne court pas, on ne joue pas au ballon sur la chaussée ou à proximité.
  • Faites-le s’exercer aux bons comportements en votre compagnie, félicitez-le quand il a les bonnes réactions et expliquez-lui les risques s’il se montre imprudent

 

Pour en savoir plus:

 

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus de l’efficacité du casque à vélo pour les enfants.

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus de l’efficacité du casque à vélo pour les enfants.
Deux études simultanées.
La première vient de Virginie, USA. Elle compare les lésions d’enfants de moins de  14 ans, accidentés à vélo, selon qu’ils portaient ou non un casque.
Le groupe « casqué » avait un taux de commotion cérébrale de 19% contre 37% pour le groupe sans casque. En outre il y avait une différence significative dans la fréquence des fractures du crâne (respectivement 3.2 contre 17.4%) et des hémorragies intracrâniennes (respectivement 0 contre 17.4%). Enfin bien que non statistiquement non significatif, les 2 décès (100%) sont survenus dans le groupe sans casque.

La seconde fait le bilan de 25 ans de promotion du port du casque à vélo en Suède. Il en résulte que le nombre de traumatismes crâniens liés aux accidents de vélo en dessous de 15 ans, a diminué de 94% durant la période de surveillance.

Bien entendu ces deux études concluent que le port du casque à vélo est une nécessité.

Note O. Reinberg :
Ces deux articles complètent une longue liste de publications sur ce sujet, dont les conclusions vont toutes dans le même sens. Dès lors on a de la peine à comprendre les arguments du TCS et de Pro Vélo qui se sont opposés au projet du conseil fédéral visant à rendre obligatoire le port du casque cycliste et ont préféré miser sur la responsabilité individuelle des cyclistes, arguant entre autre que l’obligation de porter un casque risquerait d’induire un recul de l’utilisation du vélo. Au moins en ce qui concerne les enfants, il est regrettable que les Chambres fédérales aient rejeté l’introduction d’une telle mesure en 2012. D’autant que tout récemment (août 2013) la compagnie d’assurance Allianz publiait une régression du port du casque à vélo chez les enfants de moins de 14 ans. Leur proportion a baissé de 68% à 63% depuis 2012.

Dans leur demande au gouvernement de la province du Québec de rendre le port du casque obligatoire pour les moins de 18 ans, les pédiatres et chirurgiens pédiatres de l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal avancent les mêmes arguments (réduction de 85% le risque de traumatisme crânien et cérébral grave) et réfutent les arguments de la diminution de l’usage du vélo liée à l’obligation de porter un casque : « Il existe une crainte de la part de certains organismes ou personnes qui font la promotion du cyclisme, à l’effet qu’une loi obligeant le port du casque diminuerait l’utilisation du vélo. Or, les données les plus à jour ne soutiennent aucunement cette crainte. Ainsi, en Alberta et à l’Île-du-Prince-Édouard, il a été démontré que l’utilisation du vélo chez les jeunes n’a pas diminué après l’implantation d’une loi obligeant le port du casque. ».

Références complètes:
1. Pediatric bicycle injury prevention and the effect of helmet use: the West Virginia experience
Bergenstal J, Davis SM, Sikora R, Paulson D, Whiteman C. W. V. Med. J. 2012; 108(3): 78-81.
W V Med J. 2012 May-Jun;108(3):78-81
Affiliation  West Virginia University, Department of Emergency Medicine, USA.
2. Twenty-five years of bicycle helmet promotion for children in Skaraborg District, Sweden
Ekman DS, Ekman R. Int. J. Inj. Control Safe. Promot. 2012; ePub(ePub): ePub.
Int J Inj Contr Saf Promot. 2012;19(3):213-7.
Affiliation : Department of Nursing, Health and Culture, University West, Trollhättan, Sweden.

Accidents d’enfants piétons liés à l’usage de téléphones, MP3, I-Pod et autres appareils

Les accidents liés à la distraction des conducteurs de véhicule par l’usage d’un téléphone portable ont déjà été amplement documentés. Des constatations identiques ont été faites sur le risque accidentel des enfants piétons distraits par des téléphones portables. Nous en avions déjà fait état dans cette rubrique “Lu pour vous” (Paediatrica 2008 ;20 (5)). Voici deux nouveaux articles sur ce sujet.

Le premier (Lichenstein  et al.) recense les accidents enfants et adultes survenus aux USA entre 2004 et 2011 en rapport avec l’usage d’un téléphone portable en utilisant le système de surveillance NEISS (National Electronic Injury Surveillance System = système national de surveillance informatique des accidents) pour rechercher les piétons victimes de collisions, alors qu’ils utilisaient leur téléphone portable. 55% des collisions sont produites par des trains avec en outre un signal sonore actif dans 29% des cas et 89% surviennent en zone urbaine. 116 décès sont survenus dans ces conditions. Dans 76% des cas le port d’écouteurs est clairement mentionné.

Le second (Schwebel et al.) est expérimental et concerne les téléphones, mais également le fait de taper du texte ou d’écouter de la musique. On demande à 138 collégiens de traverser une route virtuelle. Ils sont assignés par tirage au sort dans divers groupes: traverse en téléphonant, en tapant du texte ou en écoutant de la musique. Un groupe contrôle n’est pas distrait.

L’étude met en évidence le facteur de risque qui est lié à ces pratiques.

La littérature a démontré le risque accidentel lié à l’usage de téléphone portable en conduisant. Des législations en ont résulté pour limiter ces pratiques. Malheureusement il y a encore trop peu de sensibilisation au risque pourtant similaire que prennent les piétons, distraits par ces appareils modernes.

Suite à 3 décès survenus dans ces circonstances en 2011, la ville de Fort Lee, NJ, a pris la décision d’amender les piétons qui tapent des textes en marchant dans la rue ($ 85.-). L’infraction est appelée «jaywalking».

Reférences complètes:
Headphone use and pedestrian injury and death in the United States: 2004-2011.
Lichenstein R, Smith DC, Ambrose JL, Moody LA. Inj. Prev. 2012; ePub(ePub): ePub.
Affiliation: Department of Pediatrics, University of Maryland Hospital for Children, University of Maryland School of Medicine, Baltimore, Maryland, USA.
Distraction and pedestrian safety: How talking on the phone, texting, and listening to music impact crossing the street.
Schwebel DC, Stavrinos D, Byington KW, Davis T, O’Neal EE, de Jong D.
Accid Anal Prev 2012; 45(2): 266-271.
Affiliation: Department of Psychology, University of Alabama at Birmingham, Birmingham, AL, USA

Lésions des jambes dans les rayons de vélo

Ces lésions qui ne sont pas toujours bénignes sont bien connues des centres d’urgences pédiatriques, mais je m’étonnais de ce que très peu ait été écrit sur ce sujet. Voici deux articles récents sur le sujet.

Le premier rapporte les cas de 3 enfants de 4 à 6 ans, tous passagers arrière d’un vélo, qui se sont fait prendre les jambes par les rayons en rotation. Seul le plus jeune était dans un siège pour enfant avec des gouttières. Tous trois présentaient des fractures du tibia, l’une d’elles nécessitant une ostéosynthèse.

A propos de ces 3 cas sévères, les auteurs rapportent que environ 4500 enfants se présentent annuellement dans les centres d’urgences des Pays-Bas (pays du vélo !) pour des lésions résultant du contact d’un enfant passager avec la roue arrière d’un vélo. Ils insistent sur l’usage de sièges de vélo pour enfants qui protègent les jambes des rayons en mouvement.

Le second rapporte une série Indienne de 41 enfants de 4 à 12 ans avec de telles lésions, dont 7 survenues sur la roue avant, les 34 autres en contact avec la roue arrière. Il en est résulté 8 fractures, mais surtout de nombreux délabrements cutanés, plusieurs exposant les tendons d’Achille ou les articulations. Cinq de ces lambeaux cutanés arrachés ont nécrosé.

Les auteurs insistent sur le fait que la gravité de ces lésions est très souvent sous-estimée, car elles apparaissent initialement plus bénignes qu’elles ne le sont en réalité. Il est recommandé de les réévaluer systématiquement à 48 heures. La prévention est bien entendu l’usage de sièges de vélo pour enfants, mais également le port de chaussures appropriées.

Références complètes:
Bicycle spoke-related injuries in children: Emphasise prevention.
Kramer WL, Haaring GJ.
Ned Tijdschr Geneeskd 2011; 155(30-31): A3736.
Affiliation: Universitair Medisch Centrum – Wilhelmina Kinderziekenhuis, afd. Kinderchirurgie, Utrecht.

Agarwal APruthi M.
Bicycle-spoke injuries of the foot in children.
J Orthop Surg (Hong Kong).
 2010 Dec; 18(3): 338-41.
Affiliation: Department of Orthopaedics, Chacha Nehru Bal Chikitsalaya, Delhi, India.

Comportement des adultes qui accompagnent des enfants à l’école

Etude originale dont le but est d’observer le comportement de 140 adultes accompagnant des enfants âgés de 4 à 9 ans sur le chemin de l’école dans une zone résidentielle britannique.

Les observateurs ont pris position à des intersections équipées de feux tricolores, sur des itinéraires à vitesse réduite à l’approche des écoles (concept du corridor scolaire, malheureusement pas encore développé en Suisse), à des passages piétons matérialisés et ont noté les comportements : arrêt avant de traverser, respect de la signalisation, regarder des 2 côtés avant de traverser, tenir l’enfant par la main pour traverser, traverser à angle droit.

Globalement les adultes ont un comportement sécuritaire devant les enfants, mais les adultes se comportent « mieux » en présence de filles que de garçons. Il n’y a pas de différence selon les classes d’âge. Les comportements les plus inappropriés ont lieu lors de traversées à des intersections équipées de feux tricolores, par défaut de respect de ceux-ci. A l’inverse les comportements adéquats sont imités : lorsque l’adulte s’arrête et regarde des 2 côtés l’enfant le fait aussi, lorsque l’adulte pèse sur le bouton pour enclencher le feu du passage piéton, l’enfant le fait aussi.

Commentaire O. Reinberg : Le coping (imitation) est très important dans les processus d’apprentissage des comportements des enfants et on est en droit de penser que nous ne sommes pas toujours des modèles imitables. Cette étude est (partiellement) rassurante. Toutefois elle est britannique et les comportements dans la circulation varient considérablement d’un pays à l’autre aussi bien comme piéton que comme conducteur. Une telle étude serait la bienvenue en Suisse pour orienter les messages de prévention.

Référence complète :
Adult pedestrian behavior when accompanying children on the route to school.
Pfeffer K, Fagbemi HP, Stennet S.
Traffic Injury Prev. 2010; 11(2): 188-93
Affiliation: School of Psychology, University of Lincoln, Lincoln, UK.