Les risques de brûlure chez l’enfant

Protégez les foyers ouverts et tenez les enfants à l’écart des sources de brûlures (boissons chaudes, bougies…)

 

Les brûlures font partie des accidents domestiques fréquents et graves.

La peau de l’enfant est particulièrement sensible et en quelques secondes seulement, un contact avec un liquide ou une surface dès 50° peut engendrer des blessures.
Le risque de brûlure existe dès la naissance, que ce soit avec un biberon trop chaud, une bouillotte, lors du bain…etc. Plus l’enfant grandit, plus il est mobile, plus le danger augmente.

 

Voici quelques précautions pour éviter les brûlures:
  • Vérifiez toujours la température du bain à l’aide d’un thermomètre ou du coude.
  • Surveillez toujours votre enfant pendant le bain afin qu’il ne joue pas avec les robinets.
  • Vérifiez la température des biberons (en déposant une goutte sur l’intérieur de votre poignet)
  • Évitez de laisser votre enfant seul dans la cuisine lorsqu’un repas est en cours de préparation (attention au four chaud, aux plaques de cuisson accessibles , aux casseroles dont le manche serait atteignable…)
  • Pensez à mettre hors de portée des enfants toute source de chaleur supérieure à 40°: tasse remplie d’une boisson chaude, fer à repasser, bougies, chauffage d’appoint, humidificateur à vapeur chaude, barbecue, ….. ainsi que briquets et allumettes.
En cas de brûlures :
  • Placez aussitôt la zone brûlée sous un robinet d’eau fraîche pendant au moins 15 minutes
  • Ne cherchez pas à enlever les vêtements sur la partie atteinte au risque d’arracher la peau
  • Si la brûlure est superficielle (peau juste rougie sur une petite surface), appliquez une crème grasse et protégez avec une compresse maintenue par une bande
  • Si la brûlure est plus conséquente, protégez la blessure avec une compresse simplement posée sans comprimer et consultez rapidement un médecin.

 

Pour en savoir plus:

Les dangers de l’hiver

Protégez les foyers ouverts et tenez les enfants à l’écart des sources de brûlures (boissons chaudes, bougies…)

 

Durant l’hiver, nous avons besoin de chaleur.

Les radiateurs travaillent à fond, les cheminées ronronnent, les bouillottes réchauffent nos lits et les bouilloires sont sollicitées pour préparer de bonnes boissons chaudes . C’est aussi la période où les bougies décorent les tables et les sapins… autant de sources de brûlures pour les enfants. Leur peau est particulièrement sensible et le contact avec un liquide ou une surface à 50° suffit pour provoquer des blessures.

 

Pour en savoir plus:

Explosion de feu d’artifice

Il s’agit d’un cas rapporté. Bien que rare,  il mérite d’être mentionné dans cette rubrique.
Une fillette de 10 ans a souffert d’un très grave traumatisme résultant de l’explosion de feux d’artifice à son domicile. Il vaut la peine d’aller voir les photos de la pièce dans l’article original. Il en est résulté des plaies multiples, des amputations de doigts aux deux mains, des brulures étendues, un TCC avec score de Glagow à 3 et un très sévère traumatisme thoracique par déflagration (blast injury). La patiente a survécu sans séquelle neurologique, mais avec de multiples cicatrices.
L’accident est survenu à domicile, lorsque l’enfant extrayait la poudre explosive de feu d’artifice dans un bol pour en confectionner de plus puissants.
Nous connaissons malheureusement trop bien ce type de graves traumatismes et y avons déjà été confrontés: les enfants achètent des feux d’artifice « inoffensifs » et tentent d’en confectionner eux même de plus puissants au su ou à l’insu de leurs parents. Une variante locale vaudoise consiste à « augmenter » la puissance des feux avec la poudre des fusées de vigne. Le résultat est terrible.
Les feux d’artifice sont des objets dangereux. Il est irresponsable de laisser les enfants ou les adolescents les manipuler de façon inappropriée ou les modifier.

REFERENCE COMPLETE:
Pediatric blast lung injury from a fireworks-related explosion.
Ratto JJohnson BKCondra CSKnapp JF.
Pediatr Emerg Care. 2012 Jun;28(6):573-6. doi: 10.1097/PEC.0b013e318258af60.
Affiliation  Department of Graduate Medical Education, Children’s Mercy Hospitals and Clinics, Kansas City, MO, USA.

Complications à long terme des brûlures de l’enfant

Vous avez un patient brûlé. Que lui dire de ce que va être son traitement et sa durée : cet article peut vous y aider.

Le suivi à long terme des brûlures de l’enfant vise à prévenir les complications, mais veut également éviter des consultations inutiles. Le but de cet article est de décrire les critères qui peuvent amener à devoir réintervenir sur des cicatrices de brûlures. Pour cela les auteurs ont revu à long terme les brulures survenues entre 1995 et 1998 avec un suivi moyen de 13.6 ans.

L’âge moyen était de 5 ans, les surfaces brulés allaient de 1 à 70%, 94% avaient été greffé. 18% ont développé des contractures et 33% des cicatrices hypertrophiques. Celles-ci apparaissent précocement : 1 à 13 mois pour les contractures et 1 à 17 mois pour les cicatrices hypertrophiques. Plus les enfants sont petits plus elles sont fréquentes. Toutes les brûlures axillaires ont développé des contractures et 75% des toutes les contractures concernent le membre supérieur.

La conclusion est que les petits enfants avec une grande surface brûlée sont les plus à risque de contractures et de cicatrices hypertrophiques, surtout si elles sont survenues au membre supérieur. Un suivi de 18 mois est nécessaire, après quoi si rien ne s’est passé dans ce délai, le risque de complication devient faible et le suivi n’est plus nécessaire.

REFERENCES COMPLETES
Following up the follow up-Long-term complications in paediatric burns
Kidd LR, Nguyen DQ, Lyons SC, Dickson WA.
Burns. 2013 Feb;39(1):55-60.
Affiliation : Welsh Centre for Burns and Plastic Surgery, Morriston Hospital, United Kingdom.

 

Pronostic de survie chez les enfants brûlés

La surface corporelle de l’enfant rapportée au poids, est nettement plus importante que chez l’adulte. Il en résulte qu’à pourcent de surface brûlée égale, le pronostic de l’enfant est plus sévère que celui de l’adulte. Une surface brulée de 10% de surface corporelle (SC) chez un petit enfant est déjà une brûlure sévère. Du fait de l’évolution de la prise en charge des enfants brûlés, un article et son commentaire paraissent simultanément sur le même sujet dans le Lancet, pour réévaluer le pronostic des enfants brûlés.

Le premier (Kraft et al.) est une étude (subventionnée par leur institution) d’un collectif de 952 patients pédiatriques présentant des brûlures supérieures à 30%, traités entre 1998 et 2008. Ils déplorent 123 décès (13%) dans le groupe 30-39% SC, jusqu’à 55% (28/51) dans le groupe 90 à 100% SC (note OR: ce qui est remarquable). Une défaillance multi-organique est constatée dans 16% des enfants du groupe 30-39% SC jusqu’à 45% dans le groupe 90-100% SC. De même le taux de septicémie passe de 9 % à 26% dans les mêmes groupes. Il semble exister un seuil de mortalité-morbidité critique que les auteurs situent vers 60% SC.

Dans la réponse du second, les auteurs insistent sur le fait qu’outre les conclusions du premier article, il existe deux catégories très différentes d’enfants brûlés à savoir ceux avec ou sans brûlure par inhalation. La complexité de la prise en charge des enfants brûlés implique le recours à des centres spécialisés. Ils constatent également que le pronostic diffère pour des raisons économiques selon que l’on considère le traitement dans des pays favorisés ou ceux disposant de moins de ressources ou pourtant beaucoup de brûlures surviennent. Ce dernier auteur rappelle également qu’outre la survie, la qualité de vie post brûlure doit être prise en compte et qu’il existe des outils d’évaluation de celle-ci qui sont cités dans la bibliographie.

Références complètes:
Burn size and survival probability in paediatric patients in modern burn care: a prospective observational cohort study.
Kraft R, Herndon DN, Al-Mousawi AM, Williams FN, Finnerty CC, Jeschke MG.
Lancet 2012; 379(9820): 1013-1021.
Affiliation: Shriners Hospitals for Children, University of Texas Medical Branch, Galveston, TX, USA; Department of Surgery, University of Texas Medical Branch, Galveston, TX, USA.

Survival of children with burn injuries.
Tompkins RG.
Lancet 2012; 379(9820): 983-984.
Affiliation: Massachusetts General Hospital/Harvard Medical School, Boston, MA, USA.

Bombes aérosols: attention aux yeux des enfants !

Les auteurs de cet article s’appuient sur une vaste banque de données (National Electronic Injury Surveillance System) pour mettre en garde sur les dangers liés aux bombes aérosols chez les enfants de 0 à 18 ans. Sur 41’869 consultations aux urgences pour lésions liées à une bombe aérosol au cours de la période d’étude de 12 ans (1997-2009), 10’765 (26 %) impliquaient l’œil, soit 26%. Des enfants étaient concernés dans la moitié des cas (55%), dont 26% en dessous de 4 ans. Les auteurs pensent que le nombre de lésions documentées est très probablement sous estimé.

La plupart des traumatismes surviennent à domicile (71%). Les bombes de peintures sont le plus souvent en cause (19%), suivies respectivement par les aérosols pour produits cosmétiques ou de toilette, les nettoyants domestiques, les insecticides. Le plus souvent l’accident survient lorsque la bombe est tournée vers la victime.

Il en résulte des conjonctivites chimiques (36%), des brûlures chimiques (30%), des érosions ou des lésions de type corps étranger oculaire (16%).

Les auteurs insistent sur le danger méconnu que représentent ces bombes à gaz propulseur et sur la nécessité de les mettre hors de portée des enfants. Nous ajoutons que dans un souci de prévention mais également écologique, elles devraient être autant que possible remplacées par des propulseurs à pompe et non à gaz.

Référence complète :
CJ Seidman, JG Linakis, MJ Mello, PB Greenberg
Aerosol container-related eye injuries in the United States : 1997-2009.
Am J Ophthalmol 2011; 151(6):1041-1046
Affiliation: Ophtalmology, Rhode Island Hospital, Providence, RI, USA