Sécurité en voiture

Encore un très bon article avec un petit quiz à la fin sur les conseils aux parents. Il consiste en une revue des différents systèmes de retenue et leur efficacité dans les collisions, étudie les emplacements des dispositifs de retenue dans le véhicule et traite du mauvais usage de ceux-ci.

Bien que l’article soit très complet, nous lui préférons celui d’origine canadienne de la Paediatrica Société Canadienne de Pédiatrie : « Le transport des nourrissons et des petits enfants dans les véhicules automobiles. » (Paediatr Child Health, 2008 ; 13(3) : 321-327). Outre le fait qu’il existe en français et en anglais, ce dernier fait référence à une législation plus proche de la notre, et utilise de meilleurs critères de choix de dispositifs de retenue. Ainsi l’article de Bruckner fait toujours référence au poids de l’enfant, plutôt qu’à la taille.

Par contre l’article mentionne (sommairement) le transport d’enfants avec besoins particuliers. Ainsi il est suggéré que les prématurés (moins de 37 sem) soient observés en milieu hospitalier avec une surveillance d’éventuelles apnées, bradycardies et désaturations lorsqu’il sont  placés dans leur siège, avant qu’ils ne soient autorisés à partir. Sont également sommairement décrits le transport d’enfant avec besoins spéciaux comme des troubles neurologiques et ceux des enfants obèses.

Référence complète:
Car Safety
Bruckner R, Rocker J.
Pediatr Rev 2009;30(12);463-469.

Les téléphones cellulaires comme facteur de distraction des enfants piétons

Les téléphones cellulaires (TC) sont connus comme facteur de distraction des automobilistes, et à ce titre sont interdits au volant dans de nombreuses juridictions. L’usage croissant des TC par les enfants et les adolescents piétons leur fait courir un risque accru sur la voie publique. Pour répondre à cette question 77 enfants de 10 à 11 ans sont soumis à une étude en simulation, où il leur est demandé 6 fois de traverser la route sans distraction et 6 fois après avoir été appelés sur leur TC. Un observateur neutre enregistre leur comportement.
L’étude montre que l’enfant distrait par un appel sur son TC est moins attentif au trafic, laisse moins de temps entre les voitures pour traverser, et a un risque de collision plus élevé. La distraction liée à l’usage du TC n’est pas liée à l’expérience. Cependant les plus petits enfants et ceux qui sont plus oppositionnels, sont plus distraits par leur TC.
L’usage urbain des TC par les préadolescents est un facteur de risque qui doit être pris en compte.

Référence complète:  Effect of cell phone distraction on pediatric pedestrian injury risk.
Stavrinos D, Byington KW, Schwebel DC. Pediatrics 2009; 123(2): e179-85.
Origine: University of Alabama at Birmingham, Department of Psychology, Birmingham, AL 35294.

Comment traverser la route en sécurité

effet du rôle de l’attention de l’enfant et des distractions possibles lors du choix du meilleur endroit pour traverser.

La gestion du trafic nécessite une capacité à concentrer son attention et à ignorer les stimuli perturbateurs. Le but de cette étude est de tester ces capacités sur 88 enfants âgés de 6 à 11 ans. L’étude est faite à l’aide de simulations sur ordinateur. Les mesures d’attention utilisent le test « Test of Everyday Attention »,  version adulte et enfant.

Résultats: Sans surprise, la capacité d’attention augmente avec l’âge. Une identification correcte du meilleur site pour traverser en sécurité (à l’opposé les sites les plus dangereux) et directement corrélée à la capacité d’attention sélective. La capacité de distraction est importante pour les enfants alors qu’elle ne joue pas de rôle chez les grands.

Les programmes de prévention et leur contenu devraient inclure ces données.

Référence complète :
Finding a safe place to cross the road: the effect of distractors and the role of attention in children’s identification of safe and dangerous road-crossing sites.
Tabibi Z, Pfeffer K. Infant Child Dev 2007; 16(2): 193-206.
Origine: Department of Psychology, University of Lincoln, Lincoln, UK.

Fractures de la colonne cervicale provoquées par des ceintures 3 points

Le premier article rapporte un cas de fracture de la colonne cervicale chez une enfant de 5 ans, provoquée par une ceinture 3 points de type adulte. Collision contre un stand de journaux à 50 km/h. La déflexion sur la ceinture a provoqué une lésion de la colonne cervicale supérieure lors d’une collision avec des troubles neurologiques dans les membres supérieurs.
Le second article rapporte un polytraumatisme très grave entraînant le décès d’un enfant de 7 ans, toujours pour usage d’une ceinture 3 points de type adulte. A nouveau, une décélération brutale sur la ceinture mal positionnée sur le cou a provoqué une dislocation atlanto-occipitale (crâne détaché de la colonne cervicale = lésion mortelle), une lésion thoracique majeure avec rupture d’une des branches de l’aorte (artère carotide commune droite = lésion mortelle) et une dislocation de l’épaule.
Dans le premier article, l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) en profite pour rappeler qu’un enfant ne doit pas être attaché par une ceinture 3 points tant que la sangle oblique ne peut se positionner sur la clavicule et passer devant le thorax.

Commentaire O Reinberg :

Un fois de plus ce n’est pas l’âge qui est un critère du choix de l’installation d’un enfant comme malheureusement trop souvent utilisé, mais bien la taille de celui-ci. Il est plus important d’enseigner les règles de sécurité sur le maintien et la position des points d’appui que d’attribuer une classe d’âge à un dispositif de retenue.

Référence complète 1:
Pediatric cervical spine fracture caused by an adult 3-point seatbelt.
Deutsch RJ, Badawy MK. Pediatr Emerg Care 2008; 24(2): 105-8.
Origine: Division of Pediatric Emergency Medicine, University of Rochester Medical Center, Rochester, NY, USA.
Référence complète 2:
Misuse of an adult seat belt in a 7-year-old child: a source of dramatic injuries and a plea for booster seat use.
Kortchinsky T, Meyer P, Blanot S, Orliaguet G, Puget S, Carli P.
Pediatr Emerg Care 2008; 24(3): 161-3. Origine: Department of Pediatric Anesthesiology and Neuro Critical Care, Hopital Necker Enfants Malades, Faculte de Medecine Descartes-Paris 5, Paris, France.

Capacité de jugement et comportement des petits enfants dans les traversées de routes

Etude utilisant des données sur des simulations de traversées de routes, une série de tests de performance et un questionnaire aux parents sur la perception des risques ressentis en traversant la route. On fait prendre à des enfants âgés de 6 à 10 ans, des options de décisions lors de traversées de route sur un simulateur dont on peu faire varier des paramètres comme la vitesse des véhicules, l’intervalle entre deux véhicules, etc..
La performance est évaluée en utilisant des tests de perception, cognitifs, d’attention et de mode de décision.
Les parents sont interrogés sur l’activité physique de leurs enfants, leur connaissance de la circulation et le mode d’éducation à la circulation dont ils ont bénéficié.
Les résultats suggèrent que les enfants basent principalement leur décision de traverser sur la distance entre les véhicules (indépendamment de leur vitesse). Les petits enfants (6 à 7 ans) commettent 12 fois plus d’erreurs dans leur décision de traverser que les enfants plus âgés (8 à 10 ans). Il n’y a pas de différence liée au sexe. Les facteurs impliqués dans ces moins bons choix sont entre autres, une moins bonne perception et une moins bonne attention.
Cette étude permet de définir un nouveau moyen d’identifier les groupes à risque sans danger pour les enfants eux même du fait de la méthodologie.

Référence complète:
The impacts of functional performance, behaviour and traffic exposure on road-crossing judgements of young children. Oxley JA, Congiu M, Whelan M, D’Elia A, Charlton J. Annu Proc Assoc Adv Automot Med 2007; 51: 81-96.
Origine: Accident Research Centre, Monash University, Clayton, Australia.

Position des enfants en voiture: face ou dos à la route?

Etude extraite du registre américain des accidents sur autoroute (US National Highway Traffic Safety Administration vehicle crash database). Analyse des accidents d’enfants de moins de 2 ans dans des véhicules légers, des SUV (sport utility vehicles) et des petits camions (pick-up) entre 1998 et 2003. L’étude compare les risques selon que l’enfant fait face à l’avant ou face à l’arrière du véhicule.
Résultat : les enfants faisant face à l’avant ont un risque nettement augmenté de lésions graves par rapport aux enfants faisant face à l’arrière, tous accidents confondus. Dans les chocs latéraux, le risque double presque pour les enfants « face à la route ». Dans les chocs frontaux, le risque est également plus élevé, mais le résultat n’est pas statistiquement validé (dû à la faiblesse de l’échantillon). Si l’on considère la classe d’âge des moins de 1 an, le risque double si l’enfant est face à la route.

Conclusions : Au moins jusqu’à 2 ans, il faut impérativement installer les enfants dans des dispositifs « dos à la route ».

Commentaire O Reinberg

Il y a 2 raisons pour recommander d’installer les enfants dos à la route : 1. en cas de choc, la position dos à la route répartit les forces de façon plus harmonieuse sur l’ensemble de la colonne, donc une force par unité de surface moindre, tandis que face à la route le corps étant tenu, la tête se défléchit en avant et la colonne cervicale absorbe l’essentiel du choc, alors que la musculature cervicale est peu développée. 2. Le rapport du volume de la tête par rapport au corps fait que la tête de l’enfant est proportionnellement beaucoup plus volumineuse que celle de l’adulte (1/4 contre 1/8).Le siège coque “dos à la route” est adapté au transport du nourrisson dès sa sortie de la maternité, p. ex. un siège d’enfant homologué selon le règlement ECE n° 44.

Rappel:

Il est strictement interdit de placer un siège bébé dos à la route à l’avant d’un véhicule équipé d’un airbag, à moins de pouvoir désactiver le dispositif. Le gonflement de l’air bag peut être fatal ou causer des cécités.Il incombe au conducteur de veiller à ce que les enfants âgés jusqu’à 12 ans soient attachés correctement.

Référence complète:
Car safety seats for children: rear facing for best protection. Henary B, Sherwood CP, Crandall JR, Kent RW, Vaca FE, Arbogast KB, Bull MJ.Inj Prev 2007; 13(6): 398-402. Origine:Center for Applied Biomechanics, University of Virginia, Charlottesville, VA, USA.