Analyse des accidents les plus sévères dans 2 centres canadiens pour déterminer les axes prioritaires de prévention.

Analyse rétrospective des accidents les plus sévères dans 2 centres canadiens pour déterminer les axes prioritaires de prévention, impliquant 3′732 enfants d’âge moyen 9 ± 5.2 ans, dont 66% de garçons.

Les 7 décès (2 %) résultaient de « chutes de hauteur » et de « collisions sur la voie publique ».

Les lésions non fatales les plus graves selon l’ISS,  résultaient par ordre de fréquence décroissante de « chute de hauteur », « collision sur la voie publique », « piéton percuté par un véhicule », « accident de bicyclette », « maltraitance ». Par contre si l’on prend en compte le GCS, sont concernés les « collision sur la voie publique » et les « noyades ou submersions ».

L’âge est un critère déterminant dans le choix des mesures de prévention : les plus jeunes enfants sont concernés par les chutes, tandis que les enfants plus âgés et les adolescents par les accidents de la voie publique comme passagers. Dans tous les groupes le défaut d’usage des dispositifs de sécurité (casques et dispositifs de retenue) est évident.

On comprend aisément l’usage qui peut être fait de telles études sur les priorités de prévention et les publics cibles des stratégies mises en place.

Référence complète:
Severe injury mechanisms in two paediatric trauma centres: Determination of prevention priorities.
Cyr C, Xhignesse M, Lacroix J.
Paediatr Child Health 2008; 13(3): 165-70.
Origine : Department of Pediatrics, Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke. Canada.

Analyse de 347 accidents dans les garderies

Il existe toujours un certain degré d’angoisse pour les parents à confier leur enfants. C’est pourquoi l’équipe de Graz, en Autriche a cherché à analyser les lésions survenues dans les garderies et jardins d’enfants sur une période de 22 mois. Parmis 21′582 traumatismes pédiatriques, seuls 347 concernaient les garderies et jardins d’enfants. La moitié des accidents surviennent en extérieur, alors que la majorité du temps de présence se fait en intérieur. Les garçons sont plus souvent concernés que les filles (3 :2). Il existe un rythme des accidents, avec les enfants plus souvent accidentés lors des 2 premiers mois de fréquentation de la structure d’accueil (septembre et octobre), durant les 3 premiers jours de la semaine (lundi à mercredi) et dans les heures qui encadrent le repas (11 :00-14 :00 h).
Un quart (24%) des accidents ont été jugés comme sérieux (fractures, plaies, trauma craniens). Les lésions survenues en extérieur sont globalement plus graves que dedans.
Les chutes sont la première cause de traumatisme avec les collisions (28%).
Beaucoup de parents continuent à penser que l’accident est une fatalité imprévisible (47%), tandis que 18% pensent qu’avec une meilleure supervision l’accident n’aurait pas eu lieu.
En conclusion, cette étude montre que si les accidents de garderie ne sont pas trop nombreux, ils peuvent générer des lésions graves. Les auteurs insistent sur la necessité de programme de formation des responsables de structures d’accueil.

Référence complète :
Analysis of 347 kindergarten-related injuries.
Eberl R, Schalamon J, Singer G, Ainoedhofer H, Petnehazy T, Hoellwarth ME.
Eur J Pediatr 2008, e.pub, sous presse
Origine: Affiliation: Department of Pediatric

Fractures de la colonne cervicale provoquées par des ceintures 3 points

Le premier article rapporte un cas de fracture de la colonne cervicale chez une enfant de 5 ans, provoquée par une ceinture 3 points de type adulte. Collision contre un stand de journaux à 50 km/h. La déflexion sur la ceinture a provoqué une lésion de la colonne cervicale supérieure lors d’une collision avec des troubles neurologiques dans les membres supérieurs.
Le second article rapporte un polytraumatisme très grave entraînant le décès d’un enfant de 7 ans, toujours pour usage d’une ceinture 3 points de type adulte. A nouveau, une décélération brutale sur la ceinture mal positionnée sur le cou a provoqué une dislocation atlanto-occipitale (crâne détaché de la colonne cervicale = lésion mortelle), une lésion thoracique majeure avec rupture d’une des branches de l’aorte (artère carotide commune droite = lésion mortelle) et une dislocation de l’épaule.
Dans le premier article, l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) en profite pour rappeler qu’un enfant ne doit pas être attaché par une ceinture 3 points tant que la sangle oblique ne peut se positionner sur la clavicule et passer devant le thorax.

Commentaire O Reinberg :

Un fois de plus ce n’est pas l’âge qui est un critère du choix de l’installation d’un enfant comme malheureusement trop souvent utilisé, mais bien la taille de celui-ci. Il est plus important d’enseigner les règles de sécurité sur le maintien et la position des points d’appui que d’attribuer une classe d’âge à un dispositif de retenue.

Référence complète 1:
Pediatric cervical spine fracture caused by an adult 3-point seatbelt.
Deutsch RJ, Badawy MK. Pediatr Emerg Care 2008; 24(2): 105-8.
Origine: Division of Pediatric Emergency Medicine, University of Rochester Medical Center, Rochester, NY, USA.
Référence complète 2:
Misuse of an adult seat belt in a 7-year-old child: a source of dramatic injuries and a plea for booster seat use.
Kortchinsky T, Meyer P, Blanot S, Orliaguet G, Puget S, Carli P.
Pediatr Emerg Care 2008; 24(3): 161-3. Origine: Department of Pediatric Anesthesiology and Neuro Critical Care, Hopital Necker Enfants Malades, Faculte de Medecine Descartes-Paris 5, Paris, France.

Test de collisons frontales

Essais réalisés avec 4 mannequins équivalents à des enfants de 12 mois, 1,5 ans et 3 ans. Les systèmes de retenue utilisés étaient soit des supports fixes avec des supports pour les jambes, soit des systèmes LATCH (voir note ci-dessous).Tous les systèmes et tous les âges de mannequins obtiennent toujours les meilleurs résultats dans la position dos à la route, en particulier en ce qui concerne le moindre déplacement thoracique et les efforts les plus faibles sur la colonne cervicale. Les meilleurs résultats sont obtenus dans les systèmes rigides avec maintien des jambes.

Commentaire O. Reinberg

Le système LATCH pour Lower Anchors and Tethers for CHildren est un dispositif d’attache rapide et de réglage aisé des sièges d’enfant pour voitures, très répandu en Amérique du Nord depuis 2003. Il comprend un anneau rigide standardisé sur le siège et des boucles LATCH pour les ancrages inférieurs et supérieurs (pour info voir sur internet LATCH system). On peut se demander pourquoi ce dispositif n’est pas répandu en Europe. Notons que les voitures vendues en Amérique du Nord en sont équipées mais que les mêmes modèles vendus en Europe n’en ont pas, que l’ancrage supérieur des dispositifs pour enfants (pour éviter le phénomène de l’huître qui se ferme) est obligatoire en Amérique du Nord et pas en Europe, de sorte que les voitures vendues en Europe n’en sont pas équipées et que personne ne s’inquiète de ce que dans des voitures vendues comme “familiales” on ne dispose pas des équipements pour mettre trois sièges d’enfants de front en Europe. Il y a encore beaucoup de progrès à faire dans les équipements des véhicules privés en Europe, mais ces améliorations prendront d’autant plus de temps que les consommateurs Européens ne sont pas très regardants sur les équipements de sécurité des véhicules qu’ils achètent.

Référence complète :
Frontal sled tests comparing rear and forward facing child restraints with 1-3 year old dummies. Sherwood CP, Crandall JR. Annu Proc Assoc Adv Automot Med 2007; 51: 169-80. Center for Applied Biomechanics, University of Virginia, Charlottesville, Virginia, USA.