Fév 7, 2012 | Espace Pro
Dans cette étude, les auteurs ont voulu vérifier le fait que confier la supervision des frères et sœurs plus jeunes à un enfant aîné accroit le risque accidentel.
Ils démontrent que les mères ont une attitude préventive plus proactive que les enfants superviseurs, en particulier en écartant les sources potentielles d’accidents, tandis que les supervisés ont plus souvent tendance à rechercher les dangers potentiels que leurs aînés avaient manipulé. Le comportement des supervisés est plus hasardeux lorsqu’ils sont sous la surveillance d’un aîné que sous la supervision maternelle et les superviseurs manifestent moins d’attention à ces comportements que les mères. Enfin les supervisés sont nettement moins compliants aux ordres de leurs aînés qu’à ceux de leurs mères, lorsqu’on leur demande de cesser une prise de risque.
En conclusion, tant le comportement de l’aîné superviseur que celui du supervisé augmente les prises de risque, lorsqu’on demande à des ainés de superviser leur petit frère ou sœur.
Référence complète :
Morrongiello BA, Schell SL, Schmidt S.
« Please keep an eye on your younger sister »: sibling supervision and young children’s risk of unintentional injury.
Inj Prev 2010; 16(6): 398-402
Affiliation: Psychology Department, University of Guelph, Guelph, Ontario, Canada
Fév 7, 2012 | Espace Pro, Brûlures
Les auteurs de cet article s’appuient sur une vaste banque de données (National Electronic Injury Surveillance System) pour mettre en garde sur les dangers liés aux bombes aérosols chez les enfants de 0 à 18 ans. Sur 41’869 consultations aux urgences pour lésions liées à une bombe aérosol au cours de la période d’étude de 12 ans (1997-2009), 10’765 (26 %) impliquaient l’œil, soit 26%. Des enfants étaient concernés dans la moitié des cas (55%), dont 26% en dessous de 4 ans. Les auteurs pensent que le nombre de lésions documentées est très probablement sous estimé.
La plupart des traumatismes surviennent à domicile (71%). Les bombes de peintures sont le plus souvent en cause (19%), suivies respectivement par les aérosols pour produits cosmétiques ou de toilette, les nettoyants domestiques, les insecticides. Le plus souvent l’accident survient lorsque la bombe est tournée vers la victime.
Il en résulte des conjonctivites chimiques (36%), des brûlures chimiques (30%), des érosions ou des lésions de type corps étranger oculaire (16%).
Les auteurs insistent sur le danger méconnu que représentent ces bombes à gaz propulseur et sur la nécessité de les mettre hors de portée des enfants. Nous ajoutons que dans un souci de prévention mais également écologique, elles devraient être autant que possible remplacées par des propulseurs à pompe et non à gaz.
Référence complète :
CJ Seidman, JG Linakis, MJ Mello, PB Greenberg
Aerosol container-related eye injuries in the United States : 1997-2009.
Am J Ophthalmol 2011; 151(6):1041-1046
Affiliation: Ophtalmology, Rhode Island Hospital, Providence, RI, USA
Fév 7, 2012 | Espace Pro, Chutes, Morsures, piqûres
Chaque année environ 4.7 millions d’enfants sont mordus par des chiens aux USA. Beaucoup a été dit, étudié et écrit sur les morsures. Mais les autres lésions résultant de la relation enfant-chien n’ont jamais été étudiées.
Les auteurs ont analysé toutes les admissions dans leur centre d’urgences en rapport avec ces lésions. Les admissions en rapport avec des chiens représentaient 2% des urgences traumatiques, soit 191 enfants de 0 à 20 ans entre 2001 et 2007. Parmi elles 18% différaient des morsures. La majorité (76%) résultait d’un contact direct avec le chien. Dans 12 % des cas, l’enfant est tombé avec l’adulte qui le portait du fait d’un chien, soit qui les avait poussés, soit qui était passé dans les jambes. Des collisions chiens-véhicules divers (vélo, trottinette,..) comptaient également pour 12% des circonstances d’accidents. Les lésions les plus souvent constatées étaient des contusions ou des traumas crâniens, suivi des fractures des extrémités, le fémur étant le plus souvent touché.
Les auteurs concluent que ce vaste groupe de lésions ne devrait plus être ignoré dans l’analyse et la prévention des accidents liés aux chiens.
Référence complète:
« Non-bite dog-related » injuries: an overlooked injury mechanism in the pediatric population.
Juang D, Sippey M, Zuckerbraun N, Rutkoski JD, Gaines BA.
J Trauma 2011; 71(5 Suppl 2): S531-S533.
Affiliation: From the Department of Surgery, Children’s Mercy Hospital, Kansas City, Missouri; Department of Surgery (M.S., J.D.R., B.A.G.), and Department of Emergency Medicine (N.Z.), Children’s Hospital of Pittsburgh of UPMC, Pittsburgh, Pennsylvania.
Fév 7, 2012 | Espace Pro, A pied, en vélo
Ces lésions qui ne sont pas toujours bénignes sont bien connues des centres d’urgences pédiatriques, mais je m’étonnais de ce que très peu ait été écrit sur ce sujet. Voici deux articles récents sur le sujet.
Le premier rapporte les cas de 3 enfants de 4 à 6 ans, tous passagers arrière d’un vélo, qui se sont fait prendre les jambes par les rayons en rotation. Seul le plus jeune était dans un siège pour enfant avec des gouttières. Tous trois présentaient des fractures du tibia, l’une d’elles nécessitant une ostéosynthèse.
A propos de ces 3 cas sévères, les auteurs rapportent que environ 4500 enfants se présentent annuellement dans les centres d’urgences des Pays-Bas (pays du vélo !) pour des lésions résultant du contact d’un enfant passager avec la roue arrière d’un vélo. Ils insistent sur l’usage de sièges de vélo pour enfants qui protègent les jambes des rayons en mouvement.
Le second rapporte une série Indienne de 41 enfants de 4 à 12 ans avec de telles lésions, dont 7 survenues sur la roue avant, les 34 autres en contact avec la roue arrière. Il en est résulté 8 fractures, mais surtout de nombreux délabrements cutanés, plusieurs exposant les tendons d’Achille ou les articulations. Cinq de ces lambeaux cutanés arrachés ont nécrosé.
Les auteurs insistent sur le fait que la gravité de ces lésions est très souvent sous-estimée, car elles apparaissent initialement plus bénignes qu’elles ne le sont en réalité. Il est recommandé de les réévaluer systématiquement à 48 heures. La prévention est bien entendu l’usage de sièges de vélo pour enfants, mais également le port de chaussures appropriées.
Références complètes:
Bicycle spoke-related injuries in children: Emphasise prevention.
Kramer WL, Haaring GJ.
Ned Tijdschr Geneeskd 2011; 155(30-31): A3736.
Affiliation: Universitair Medisch Centrum – Wilhelmina Kinderziekenhuis, afd. Kinderchirurgie, Utrecht.
Agarwal A, Pruthi M.
Bicycle-spoke injuries of the foot in children.
J Orthop Surg (Hong Kong). 2010 Dec; 18(3): 338-41.
Affiliation: Department of Orthopaedics, Chacha Nehru Bal Chikitsalaya, Delhi, India.
Fév 7, 2012 | Espace Pro, Brûlures, Ingestions , inhalations
Les auteurs du premier article rapportent le cas d’un enfant de 3 mois qui avait avalé une pile-bouton que sa sœur lui avait mise dans la bouche et forcé à avaler 2 jours auparavant, à l’insu de leurs parents. La pile a été découverte sur une radiographie de l’abdomen. Il a été tenté de récupérer la pile par endoscopie ce qui s’avéra impossible, la pile étant déjà incrustée dans la paroi gastrique. Elle fut retirée par laparotomie. Lors de l’ouverture de l’estomac, la pile de 10 mm de diamètre avait déjà traversé la paroi gastrique et était au contact de la séreuse, entourée de tissus nécrotiques. La pile d’un diamètre de 10 mm était intacte et le joint entre l’anode et la cathode ne s’était pas ouvert. L’hospitalisation a duré 23 jours, jusqu’à ce qu’une alimentation entérale complète ait pu être reprise.
Les auteurs insistent sur le fait que le courant électrique généré par la pile et/ou la brûlure chimique peuvent ulcérer la paroi gastrique en particulier chez un petit enfant. Tous s’accordent sur le fait qu’un corps étranger œsophagien doit être retiré en urgence, mais les avis divergent sur les corps étrangers gastriques, en particulier les piles-boutons. Les auteurs sont d’avis que celles-ci doivent également être retirées rapidement, (avis que nous partageons).
Le second article sur ce sujet rapporte une expérience similaire: sur 10 enfants ayant ingéré des piles-boutons, 5 ont eu une atteinte sévère des couches musculaires de l’œsophage ou de l’estomac et 2 avaient perforé, l’un d’entre eux jusque dans la trachée entraînant une fistule trachéo-oesophagienne.
Les auteurs insistent sur le fait que les lésions ne sont pas seulement dues aux lésions de décubitus liées à la présence d’un corps étranger, mais bien à la nature des piles-boutons qui doivent être retirées en urgence.
Références complètes:
Severe gastric damage caused by button battery ingestion in a 3-month-old infant.
S Honda , M Shinkai, Y Usui, et al.
J Pediatr Surg 2010; 45(9): e23-e26
Affiliation: Department of Surgery, Kanagawa Children’s Medical Center, Yokohama, Japon.
Kimball SJ, Park AH, Rollins MD, Grimmer JF, Muntz H
A review of esophageal disc battery ingestions and a protocol for management.
Arch Otolaryngol Head Neck Surg. 2010; 136(9): 866-871.
Affiliation: University of Utah School of Medicine, Division of Otolaryngology-Head and Neck Surgery, Salt Lake, USA.